Appel de présentations

L’espoir à une époque d’incertitude

À la fois un concept, une théorie et une pratique, l’espoir a une valeur considérable en santé mentale. Il prend racine dans la détermination d’un individu à se fixer des buts, l’accès à des moyens pour les atteindre et le sentiment de pouvoir agir[i]. Dans le Cadre du continuum du mieux-être mental des Premières Nations, l’espoir est l’une des quatre composantes du bien-être mental, avec le fait de pouvoir se fixer des objectifs, de trouver du sens et d’avoir un sentiment d’appartenance[ii]. Autant les Autochtones que les non-Autochtones ont des visions du monde où l’espoir permet d’imaginer un avenir positif pour soi et pour sa communauté, et où il donne aux gens les moyens de progresser vers cet avenir. Cultiver et promouvoir l’espoir sont d’ailleurs des composantes clés des soins de santé mentale. Pour les personnes vivant avec des problèmes de santé mentale, l’espoir peut générer un changement thérapeutique et des résultats positifs sur le plan individuel. Dans les pratiques axées sur le rétablissement, l’espoir est un principe essentiel du processus, car « s’attendre à une évolution positive » procure aux gens la motivation et la force nécessaires pour affronter les nombreux défis que posent les problèmes de santé mentale[iii]. Les thérapies basées sur l’espoir sont efficaces pour améliorer les symptômes que présentent les personnes souffrant de dépression[iv]. L’espoir s’applique aussi à la prévention du suicide : en nourrissant l’espoir les individus sont souvent plus motivés à trouver des solutions et à rechercher de l’aide[v]. L’espoir est aux antipodes du désespoir et peut « servir à combattre les multiples formes de violence directe, indirecte (structurelle) et culturelle. Sa nature pouvant être spirituelle, émotionnelle, mentale et physique, l’espoir est multidimensionnel en ce sens qu’il peut être dirigé vers les désirs d’une personne ou d’un groupe, et investi dans les petits et grands projets d’avenir[vi] ».

À l’heure actuelle, plusieurs tendances convergentes font sentir à bien des gens qu’ils vivent à une « époque d’incertitude », où ce que l’avenir leur réserve en matière de santé, de moyens de subsistance et de rapports sociaux est sombre et peu encourageant. Les changements climatiques, l’émergence rapide des technologies numériques, l’accentuation de la division politique et la persistance de la précarité économique sont tous des facteurs qui contribuent à ce profond sentiment d’incertitude. Ces tendances ont une incidence notable sur la santé mentale au Canada et dans le monde[vii]. Aux États-Unis, le climat politique actuel constitue une importante source de stress pour plus de la moitié de la population, le tiers déclarant se sentir submergé, anxieux ou déprimé[viii].

Le traumatisme climatique, soit les symptômes qui émergent quand les gens « vivent dans la crainte d’un désastre imminent » et quand « la peur d’une menace éventuelle domine la conscience »[ix], pourrait poser un défi aux systèmes de soins de santé mentale au Canada et ailleurs dans le monde. Les phénomènes météorologiques extrêmes associés au climat changeant peuvent déclencher un TSPT, la culpabilité du survivant, un traumatisme indirect, un épuisement supplémentaire pour les personnes en rétablissement et la consommation problématique de substances[x]. Récemment, le rapport The Lancet Countdown a fait état d’une augmentation des symptômes d’anxiété et de deuil écologique chez les Canadiens[xi], et les experts estiment que les « répercussions psychologiques d’un désastre, quelle que soit sa forme, sont 40 fois supérieures à celles découlant d’une blessure physique »[xii]. Les climatologues disent quant à eux présenter des symptômes de dépression causés par le deuil écologique, qu’ils attribuent à une exposition continue au déclin de l’environnement[xiii].

Les progrès technologiques se multiplient au même rythme que les questions concernant leurs répercussions sur la santé mentale, l’engagement social, les moyens de subsistance et le travail. D’un côté, les médias sociaux nous connectent aux autres à travers le temps et l’espace, et ils se sont avérés capables d’accroître le sentiment d’appartenance des personnes atteintes de maladies mentales en leur offrant toute une gamme de plateformes pour partager leurs histoires et leurs stratégies d’adaptation[xiv]. De l’autre, le sujet amène tout de même une réflexion critique, puisque la recherche indique que la solitude est de plus en plus présente en dépit de cette connectivité numérique. Des liens significatifs, entretenus par une panoplie d’interactions en personne, sont bénéfiques pour les êtres humains; sans eux, nous sommes plus vulnérables aux problèmes de santé mentale et physique[xv].

L’agitation politique et l’incertitude économique exacerbent la division sociale. Partout sur la planète, les opinions politiques semblent de plus en plus polarisées; de nombreux pays se retrouvent dans des situations de crise politique aboutissant à des guerres civiles et à des déplacements de populations[xvi]. À l’échelle internationale, un grand nombre de personnes déplacées rapportent également en ressentir les effets négatifs sur leur santé mentale[xvii]. De plus en plus de travailleurs vivent également une situation instable sur le plan financier en raison des nouvelles structures économiques et de la précarité des emplois. Se faisant activement concurrence pour du travail insuffisamment rémunéré, ils doivent souvent se passer des avantages sociaux pour la santé et l’emploi qu’offrent les formes d’emploi plus stables. Il ressort d’études récentes que les travailleurs en situation d’emploi précaire ou incertaine rapportent un moins bon état de santé mentale que leurs homologues occupant des emplois permanents[xviii].

La confluence de ces réalités peut certes susciter la peur, mais elle peut aussi mettre en évidence l’importance d’espérer. La présente conjoncture de changements rapides et son incidence sur la santé mentale recèlent une formidable occasion (et montrent la nécessité) de favoriser la résilience et l’espoir. L’espoir est une composante essentielle des soins de santé mentale, car il aide les individus à faire face à l’incertitude, à renforcer leur résilience et à se tourner vers l’avenir avec solidité et réalisme.

Néanmoins, dans notre réflexion sur la promesse de l’espoir et le développement d’une société en bonne santé mentale, nous devons aussi aborder ce premier concept avec un esprit critique. En effet, si nous ne l’ancrons pas dans des actions concrètes, il peut détourner notre attention de la réalité de la souffrance actuelle et réduire notre sentiment d’urgence[xix]. Pour répondre à cette préoccupation, les praticiens, les chercheurs et les éducateurs invitent à faire preuve « d’espoir critique », une « réponse concrète au désespoir contemporain » selon laquelle il n’est possible de créer de nouvelles voies qu’en contestant les inégalités, les privilèges, le colonialisme et l’injustice[xx]. Étant donné le fardeau disproportionné de l’injustice, de la stigmatisation et de l’exploitation que portent certaines populations à l’échelle mondiale, il faut se demander qui sont les gens les plus vulnérables face aux effets des inégalités et comment l’espoir peut être accessible et significatif pour tous. Voilà l’occasion idéale de travailler ensemble pour construire des sociétés équitables en bonne santé.

En faisant l’apprentissage de l’espoir et en appliquant des approches basées sur ce dernier, les dirigeants locaux, personnes ayant une expérience vécue, praticiens, éducateurs et chercheurs doivent se questionner sur comment et pour qui l’espoir est accessible. Nous devons réfléchir à ce que l’espoir signifie dans un contexte relié à l’oppression, au colonialisme, aux inégalités en matière de santé, à l’adversité et à l’incertitude. Nous sommes aussi tenus d’établir quelles réponses aux problèmes de santé mentale sont porteuses d’espoir, et mobiliser l’espérance pour obtenir des résultats positifs et équitables. 

Comme l’a déjà dit le scientifique et militant écologiste David Suzuki : « la crise environnementale est une crise humaine », c’est-à-dire que les humains en sont à la fois les responsables et les victimes. De la même façon, si nous ne priorisons pas « la santé mentale comme un droit de la personne »[xxi], il est probable que nous serons aussi les responsables et/ou les victimes de l’augmentation des problèmes de santé mentale et de l’accès insuffisant aux mesures de soutien. Il est temps d’exploiter le plein potentiel de l’espoir critique afin d’apporter des changements systémiques durables à notre façon de définir et d’aborder la santé mentale et les maladies mentales. À l’occasion du Congrès SMPT 2020, réunissons-nous pour préciser comment l’incertitude et l’insécurité touchent la santé mentale et l’accès aux soins de santé mentale, et partageons des stratégies et des outils porteurs d’espoir qui mettront en branle des actions transformatrices pour les personnes et les communautés du Canada et du monde entier.


Références

[i] Snyder, C. R. The psychology of hope: You can get there from here. New York: Free Press, 1994; Snyder, C. R. H.S. Friedman (Ed.) Encyclopedia of Mental Health, 2nd ed., s.v. “Hope” (pp. 421–431). San Diego, CA: Academic, 1998.

[ii] Indigenous Services Canada, Assembly of First Nations, and Thunderbird Partnership Foundation. 2015. “First Nations Mental Wellness Continuum Framework: Summary Report.” 140358

[iii] Mental Health Commission of Canada. 2015. “Recovery Guidelines.” Ottawa, ON: Mental Health Commission of Canada. https://www.mentalhealthcommission.ca/sites/default/files/MHCC_RecoveryGuidelines_ENG_0.pdf

[iv] Klausner, E. J., Clarkin, J. F., Spielman, L., Pupo, C., Abrams, R., & Alexopoulos, G. S. 1998. “Late‐life depression and functional disability: the role of goal‐focused group psychotherapy”. International journal of geriatric psychiatry, 13(10), 707-716; Klausner, E. J., Snyder, C. R., & Cheavens, J. “Physical illness and depression in older adults”. In A hope-based group treatment for depressed older adult outpatients, 295-310. Boston, MA: Springer, 2002.

[v] Vincent, P. J., Boddana, P., & MacLeod, A. K. 2004. “Positive life goals and plans in parasuicide.” Clinical Psychology & Psychotherapy, no. 11, 90–99.

[vi] traduction libre; Standish, K. 2019. “Learning How to Hope: A Hope Curriculum”. Humanity & Society, 43(4), 484-504.

[vii] Fairburn, C. G, and Vikram P. 2017. “The impact of digital technology on psychological treatments and their dissemination.” Behaviour research and therapy. Vol 88: 19-25. doi:10.1016/j.brat.2016.08.012; Gerhard, A., and Titov, N. 2014. “Advantages and limitations of Internet-based interventions for common mental disorders.” World psychiatry, official journal of the World Psychiatric Association (WPA) vol. 13,1: 4-11. 2014.  doi:10.1002/wps.20083; Tol, W.A., Kohrt, B.A., Jordans, M.J.D., Thapa, S.B., Pettigrew, J., Upadhaya, N., De Jong, J.T.V.M. 2010. “Political violence and mental health: A multi-disciplinary review of the literature on Nepal”. Soc Sci Med.; American Psychological Association. 2017. “Stress in America: The State of Our Nation. Stress in America Survey.”doi: https://www.apa.org/news/press/releases/stress/2017/state-nation.pdf; Fritze, J.C., Blashki, G.A., Burke, S., Wiseman, J. 2008. “Hope, despair and transformation: Climate change and the promotion of mental health and wellbeing.” Int J Ment Health Syst 2, 13. doi:10.1186/1752-4458-2-13; Berry, H.L., Bowen, K., Kjellstrom, T. 2010. “Climate change and mental health: A causal pathways framework.” Int J Public Health.

[viii] American Psychological Association. 2017. “Stress in America: The State of Our Nation. Stress in America Survey.”doi: https://www.apa.org/news/press/releases/stress/2017/state-nation.pdf

[ix] traduction libre; Kaplan, E.A. Climate trauma: Foreseeing the future in dystopian film and fiction. Climate Trauma: Foreseeing the Future in Dystopian Film and Fiction. Rutgers University Press, 2016.

[x] Clayton, S., Manning, C., Krygsman, K., and Speiser, M. 2017. “Mental health and our changing climate: Impacts, implications, guidance.” American Psychological Association and EcoAmerica.

Washington, DC.

[xi] Watts, Nick, Markus Amann, Nigel Arnell, Sonja Ayeb-Karlsson, Kristine Belesova, Helen Berry, Timothy Bouley, et al. 2018. “The 2018 Report of the Lancet Countdown on Health and Climate Change: Shaping the Health of Nations for Centuries to Come.” The Lancet. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(18)32594-7.

[xii] traduction libre; Links, J. “Predicting community resilience and recovery after a disaster.” Public Health Matters (blog), CDC, 2017.

https://blogs.cdc.gov/publichealthmatters/2017/08/predicting -community-resilience-and-recovery-after-adisaster/.

[xiii] Corn, D.  “It’s the end of the world as they know it: The distinct burden of being a climate scientist.” Mother Jones, 2019. https://www.motherjones.com/environment/2019/07/weight-of-the-world-climate-change-scientist-grief/

[xiv] Burrow, A.L., Rainone, N. 2017. “How many likes did I get?: Purpose moderates links between positive social media feedback and self-esteem,” Journal of Experimental Social Psychology vol. 69: 232-236; Rui, J.R., Stefanone, M.A. 2013. “Strategic image management online: Self-presentation, self-esteem and social network perspectives,” Information, Communication & Society vol. 16, no. 8: 1286-1305.

[xv] Yanguas, J., Sacramento, P.H., Francisco, J.T.S. 2018. “The complexity of loneliness.” Acta bio-medica. vol. 89,2 302-314. doi:10.23750/abm.v89i2.7404

[xvi] Walker, T. 2019. “2019 was a year of global unrest, spurred by anger at rising inequality – and 2020 is likely to be worst.” The Conversation. http://theconversation.com/2019-was-a-year-of-global-unrest-spurred-by-anger-at-rising-inequality-and-2020-is-likely-to-be-worse-128384

[xvii] Porter, M., Haslam, N. 2005. “Predisplacement and postdisplacement factors associated with mental health of refugees and internally displaced persons: A meta-analysis.” Journal of the American Medical Association.; Steel, Z., Chey, T., Silove, D., Marnane, C., Bryant, R.A., Van Ommeren, M. 2009. “Association of torture and other potentially traumatic events with mental health outcomes among populations exposed to mass conflict and displacement: A systematic review and meta-analysis.” JAMA - Journal of the American Medical Association.

[xviii] Gross, S.A., George, M., Jancuite, L. Well-Being and Mental Health in The Gig Economy: Policy Perspectives on Precarity, CAMRI Policy Briefs 4. London: University of Westminster, 2018.

[xix]Duncan-Andrade, J.M.R. 2009. “Note to Educators: Hope Required When Growing Roses in Concrete.” Harv Educ Rev.

[xx] traduction libre; Friere, P. Pedagogy of hope. New York: Continuum, 2007; Bozalek, V., Carolissen, R., Leibowitz, B., Boler, M (Eds.). Discerning critical hope in educational practices. New York: Routledge,2014; Grain, K.M., Lund, D.E. 2016. “The social justice turn: Cultivating “critical hope” in an age of despair”. Michigan J Community Serv Learn, 23 (1).

[xxi] traduction libre; United Nations Human Rights Office of the High Commissioner. 2018. “Mental Health is a human right.” https://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/MentalHealthIsAhumanright.aspx


Volets

Prévention, promotion de la santé mentale et mieux-être

Ce volet invite à soumettre des propositions qui examinent les liens entre les environnements (physiques, socioéconomiques et culturels) et la santé mentale. Celles-ci peuvent s’appuyer sur des expériences vécues, des résultats de recherche et d’évaluations ainsi que sur les interventions visant à renforcer l’espoir et la résilience. Dans le cadre de ce volet, nous nous intéressons particulièrement aux programmes, aux pratiques et aux politiques qui font la promotion de la santé mentale, aux pratiques autochtones en matière de résilience et de mieux-être mental ainsi qu’aux approches qui favorisent la collaboration entre les gouvernements, le milieu des services sociaux (éducation, logement, etc.), les militants, les citoyens ainsi que les secteurs de la santé et de la santé mentale. La promotion de la santé mentale requiert des approches qui abordent activement les déterminants biomédicaux, sociaux, économiques et environnementaux des problèmes de santé mentale. Dans un monde en constante évolution où l’incertitude peut aggraver les risques pour la santé mentale, il est primordial de mettre en valeur la recherche, l’innovation, la réforme des systèmes et les actions qui priorisent le mieux-être tout en s’efforçant d’améliorer l’accès aux ressources qui favorisent une bonne santé mentale.

Inclusion, diversité et équité

Ce volet porte sur les obstacles qui empêchent les groupes marginalisés (notamment les communautés racisées, les personnes LGBTQ2S+, les Premières Nations, les Inuits et les Métis, les femmes, les personnes démunies, les personnes ayant eu des démêlés avec la justice, les personnes handicapées ainsi que les réfugiés, les immigrants et les nouveaux arrivants) d’entretenir une bonne santé mentale et d’accéder aux soins de santé mentale.

Pour certaines communautés, l’incertitude est une réalité qui est liée à des expériences de marginalisation et de discrimination interpersonnelle et systémique, ainsi qu’à un manque d’accès aux ressources. Au moment où le changement climatique, les crises politiques, l’instabilité économique et la transformation numérique caractérisent le présent et menacent l’avenir, le fardeau que portent les communautés marginalisées est disproportionné. Ces communautés, y compris les collectivités autochtones, ont combattu et combattent toujours le colonialisme et le racisme systémique à l’origine de disparités importantes en matière de santé mentale. Qui plus est, la compréhension de la santé mentale et les soins de santé mentale ont toujours été essentiellement fondés sur les visions du monde occidentales et ont écarté les visions du monde autochtones, les approches non occidentales et les expériences vécues. Ce volet met l’accent sur la création et le développement de services inclusifs qui tiennent compte des genres et respectent les cultures.

Orientation, cheminements cliniques et mesures de soutien

Les présentations de ce volet examineront les mesures de soutien aux personnes vivant avec des problèmes de santé mentale, les cheminements cliniques et les systèmes de santé mentale actuels et potentiels. Les systèmes de soins de santé mentale adhèrent de plus en plus au virage numérique en mettant en place des applications, des forums de discussion en ligne et des groupes de soutien virtuels, favorisant ainsi une meilleure accessibilité aux services. Parallèlement, il nous faut renforcer la littératie en santé mentale et approfondir les connaissances sur l’orientation dans les systèmes, ainsi qu’évaluer d’un œil critique les plateformes numériques relatives aux soins de santé mentale. Il est nécessaire d’effectuer des études plus en profondeur sur les problèmes de santé mentale émergents, tels que le traumatisme climatique, l’écoanxiété et le deuil écologique, afin d’anticiper leurs effets sur le système de soins de santé mentale et de les intégrer dans les cheminements cliniques et les mesures de soutien. En outre, il est impératif d’échanger sur la façon d’assurer et de soutenir les systèmes de soins de santé mentale face aux changements qui s’opèrent dans le secteur des soins de santé.

Usage de substances et rétablissement

Ce volet permettra d’explorer comment on peut prévenir et gérer les problèmes de consommation de substances, promouvoir l’espoir comme ingrédient du rétablissement et de la réduction des méfaits, et ce tout en soutenant le mieux-être mental par la recherche, l’éducation, les programmes d'aide, le partage d’expériences vécues, les changements de politiques et la sensibilisation.

Le manque de relations significatives, les événements traumatiques, les environnements violents et chaotiques de même que le racisme, le colonialisme, la discrimination et la pauvreté ont tous été reconnus comme d’importants contributeurs aux problèmes de consommation de substances. Ces derniers sont d’ailleurs souvent considérés comme une stratégie d’adaptation face à des circonstances difficiles et à un avenir incertain. En Amérique du Nord, les surdoses d’opioïdes ont considérablement augmenté au cours des dernières décennies pour atteindre des proportions critiques. Les études montrent que le chômage et le sous-emploi, surtout dans le secteur manufacturier, sont liés à une hausse de l’usage de substances. Les Premières Nations, les Inuits et les Métis connaissent des taux plus élevés de consommation de substances en raison d’un traumatisme intergénérationnel et du colonialisme. Compte tenu des graves conséquences pour la santé physique et mentale qui peuvent être à la fois la cause et le résultat de l’abus de substances, s’attaquer au problème est crucial pour la santé publique et la promotion de la santé mentale.

Santé mentale, espoir et pratiques axées sur le rétablissement

Dans le cadre de ce volet, nous recherchons des soumissions qui abordent le rôle de l’espoir dans les pratiques axées sur le rétablissement. Ce volet s’adresse particulièrement aux propositions qui explorent comment le contexte social et l’identité façonnent les processus de rétablissement. Toutes les contributions qui traitent d’approches et de pratiques visant à cultiver l’espérance en honorant la diversité des cultures et en respectant les différents besoins sont les bienvenues.

De nombreuses ressources en santé mentale et en lutte contre les dépendances font maintenant la promotion de philosophies axées sur le rétablissement dans leurs pratiques. Les stratégies axées sur le rétablissement autonomisent les individus en les laissant choisir parmi un vaste éventail de mesures de soutien, de services et d’options de traitement. La Commission de la santé mentale du Canada (CSMC) a aussi adopté l’espoir comme l’un de ses trois principes clés, avec la dignité et l’inclusion, dans son Guide de référence pour des pratiques axées sur le rétablissement. Selon la CSMC, « l’acquisition des capacités nécessaires pour encourager l’espoir est le point de départ de l’élaboration d’un système de santé mentale axé sur les moyens de favoriser le rétablissement. » Toutefois, la capacité d’espérer et son potentiel pour le rétablissement peuvent se voir limités par la stigmatisation, les messages erronés et blessants sur la maladie mentale ainsi que l’accès inéquitable aux ressources et aux services. Favoriser l’espoir est essentiel aux processus de rétablissement et à l’intégration complète d’un modèle de rétablissement dans notre système de soins de santé.

Moyens de subsistance et santé mentale

Selon le Cadre du continuum du mieux-être mental des Premières Nations, le fait de voir un but aux actions quotidiennes et à la vie de manière générale est une composante nécessaire à l’équilibre des aspects mental, physique, spirituel et émotionnel de la santé mentale, et ultimement, à l’atteinte d’un mieux-être mental. Les individus peuvent donner un sens à leur vie par l’éducation, l’emploi, la prestation de soins, la création et le bénévolat, mais leur vie et leurs moyens de subsistance peuvent se voir chamboulés par l’incertitude et les perturbations. Au Canada, les chasseurs inuits connaissent de plus en plus de problèmes de santé mentale à mesure que l’état des glaces se dégrade et menace la chasse de subsistance, leur identité culturelle et leurs pratiques. L’incertitude économique peut compromettre les moyens de subsistance des individus et leur sentiment d’avoir un but. L’emploi et les milieux de travail peuvent donner un sens à la vie, mais ils peuvent aussi être une source de détresse psychologique. Les présentations de ce volet seront orientées vers les liens entre la santé mentale et l’emploi, l’éducation, la prestation de soins, le bénévolat et d’autres activités qui donnent du sens à la vie.