Le Congrès La santé mentale pour tous (SMPT) est un rassemblement en santé mentale unique au Canada. Maintenant à sa troisième édition, le Congrès SMPT est un important lieu de convergence, où les professionnels de soins de santé, les intervenants de première ligne, les chercheurs, les bailleurs de fonds, les politiciens et les personnes vivant ou ayant vécu avec des problèmes de santé mentale s’unissent pour prendre la parole.

Le thème du congrès de cette année est : « Prêts pour un autre siècle : façonner l’avenir ». Ensemble, nous entamons avec enthousiasme le nouveau siècle, un siècle où nous mettons en place tous les moyens pour promouvoir la santé mentale et prévenir la maladie mentale.

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À propos du thème

La thématique de cette année est Prêts pour un autre siècle : façonner l’avenir. Cet événement sera un point culminant puisque le mouvement communautaire de la santé mentale au Canada, comme l’incarne l’Association canadienne pour la santé mentale, est maintenant âgé d’un siècle. Il s’agira d’un moment fort pour reconnaître les acquis et les progrès réalisés durant les 100 dernières années.

Au début du siècle dernier, le Dr Clarence Hincks (fondateur de l’ACSM) et ses collaborateurs avaient choisi de centrer leur engagement sur deux objectifs principaux, des objectifs qui étaient à l’avant-garde de leur époque : lutter contre la stigmatisation et offrir des services plus humains aux personnes souffrant de maladie mentale. Si nous souhaitons prolonger la mission du fondateur et adapter notre vision aux enjeux contemporains de la santé mentale au Canada, il nous faut aller plus loin encore. Toutefois, nous devons aussi jeter un regard sur le passé afin de bien orienter notre action pour l’avenir.

Après un siècle d’engagement dans la communauté, il demeure encore primordial d’améliorer l’accès à des services de qualité en santé mentale et de lutter contre la stigmatisation. Nous pouvons cependant constater que beaucoup de progrès a été réalisé, entre autres grâce au mouvement communautaire qui a transformé les pratiques en matière de santé mentale au Canada. L’ACSM est fière d’avoir joué un rôle de premier plan à ce titre au cours du siècle dernier, en préconisant une approche centrée sur la vie des personnes ayant des problèmes de santé mentale, et non sur les institutions mises en place pour leur venir en aide.

C’est le moment idéal pour faire une rétrospection, mais aussi pour réfléchir à l’avenir. Le troisième Congrès La santé mentale pour tous nous offre la chance de nous préparer pour l’avenir, de résolument adopter une approche de promotion de la santé mentale et de prévention des maladies mentales. Nous n’attendons pas au stade 4 avant de traiter un cancer, ni que notre état de santé physique ne s’aggrave. Nous prenons une approche de santé publique en faisant la promotion de la santé physique et ainsi, prévenir les maladies. Lorsqu’une maladie physique survient, nous intervenons rapidement, et ce, avec tous les moyens possibles pour guérir. La santé mentale ne devrait pas être différente.

Se tourner vers l’avenir signifie aussi agir en amont à l’aide d’une approche de promotion de la santé mentale et de prévention des maladies mentales. Notre système actuel de services en santé mentale est en grande partie axé sur l’intervention de crise afin de répondre aux besoins urgents des personnes atteintes de maladies mentales. Pourtant, il est non seulement essentiel, mais surtout possible de diversifier l’offre de services et d’intervenir de façon précoce pour éviter l’apparition ou l’aggravation de symptômes. Une approche de promotion-prévention en santé mentale exige ainsi un accès rapide à des services de qualité, centrés sur les personnes, mais aussi adaptés à leurs référents culturels.

Il est maintenant temps d’envisager l’avenir à travers une vision globale et intégrée de la santé mentale au Canada. Une telle vision s’incarne au sein d’actions multisectorielles qui prennent appui sur les meilleures pratiques en santé mentale. Elle vise à créer des environnements inclusifs, qui favorisent l’épanouissement et le bien-être de tous, et ce, dans tous les milieux de vie (éducation, travail, quartiers, etc.)

Ce congrès de l’ACSM poursuit la trajectoire du congrès de l’année dernière, qui avait pour thématique Vers une société concertée, en lançant un appel à l’action. Pour le prochain siècle, nous souhaitons que tous les acteurs de la société s’engagent envers la santé mentale, qu’il s’agisse d’acteurs collectifs (ex. : universités, entreprises, établissements de santé et de services sociaux, municipalités, etc.) ou individuels (ex. : personnes ayant vécu des problèmes de santé mentale, intervenants, gestionnaires de services, enseignants, chercheurs, etc.). Il s’agit d’un appel pour sortir des sentiers battus et adopter une approche fondée sur la conviction que la santé mentale est une richesse collective qu’il faut maintenir et développer.

Alors, partageons, créons et innovons. Ensemble, propulsons la santé mentale dans le prochain siècle.

À propos des volets

 

Le rôle de la santé publique dans la promotion de la santé mentale et la prévention des maladies mentales 

Adopter une approche globale de santé publique envers les enjeux de la santé mentale implique d’investir de façon systémique pour assurer un continuum de services intégrés. Plutôt que d’agir de manière réactive pour traiter les cas de maladies mentales sévères, nous devons axer notre action sur les déterminants sociaux de la santé afin de favoriser le bien-être à toutes les étapes de la vie. Pour ce faire, les services qui relèvent du secteur de la santé mentale doivent être envisagés sur un pied d’égalité par rapport aux autres services de santé. Par conséquent, le même niveau de qualité et de rigueur doit être assuré sur le plan des pratiques organisationnelles, administratives et professionnelles en santé mentale.  

Ce volet s’agit en quelque sorte d’une collaboration intersectorielle entre les différents ordres de gouvernement, les représentants politiques, les acteurs du milieu communautaire, les acteurs du secteur de la santé et des services sociaux – incluant la santé mentale – ainsi que ceux provenant d’autres secteurs (éducation, logement, etc.). Voici des exemples de sujets qui pourraient être abordés dans ce volet : la conception de politiques publiques favorables à la santé; la création d’environnements sains; la parité entre la santé mentale et la santé physique; le renforcement de l’action communautaire; le soutien au développement des aptitudes personnelles; la réorientation des services de santé; l’élaboration d’outils favorisant la participation et l’autonomisation (empowerment); les stratégies de collaboration intersectorielle; etc. 

 

La promotion de la diversité – La prestation de services auprès de populations diversifiées 

Les inégalités fondées sur l’origine ethnique, le revenu, le sexe, l’orientation sexuelle, les handicaps et la citoyenneté se chevauchent et se recoupent, générant une série d’obstacles en matière de logement, d’éducation, d’emploi et de santé (les déterminants sociaux de la santé). À leur tour, ces obstacles ont une incidence sur la santé mentale des personnes qui subissent ces inégalités et ils entravent leur accès aux services en santé mentale.  

À travers ce volet, nous souhaitons explorer différentes approches qui pourraient permettre au secteur de la santé mentale de mieux répondre aux besoins de la population et de tirer profit des forces et des atouts de divers groupes – ex. : la communauté LGBTQ+, les enfants et les jeunes, les communautés ethniques, les femmes, les aînés, les personnes handicapées, les réfugiés et les nouveaux arrivants. Comment faire en sorte que nos services en santé mentale soient plus inclusifs, diversifiés, respectueux, ouverts aux particularités culturelles et adaptés à un éventail de besoins?  

 

Travailler avec les populations autochtones pour favoriser leur santé mentale 

Au Canada, l’héritage du colonialisme et la présence d’un certain racisme systémique font en sorte que de nombreuses personnes autochtones subissent l’impact des inégalités et de la discrimination sur le plan des déterminants sociaux de la santé. Elles doivent aussi faire face à des pertes, à des traumatismes personnels et intergénérationnels qui sont à la source d’importantes inégalités sociales de santé. De façon générale, l’accès aux services en santé mentale est plutôt difficile pour toute personne au Canada, mais il est particulièrement problématique pour les personnes autochtones vivant au sein de réserves ou de communautés situées dans les régions éloignées du nord.  

Ce volet permet d’explorer comment les acteurs du secteur de la santé mentale peuvenétablir des relations respectueuses, fondées sur la réconciliation entre Canadiens autochtones et non autochtones, afin de soutenir les pratiques et les services communautaires autochtones dans une perspective de promotion de la santé mentale et d’amélioration de la santé globale. Voici des exemples de sujets pouvant être abordés dans ce volet : les programmes et les  pratiques favorisant le bien-être et la résilience; les obstacles dans l’accès aux services; l’engagement communautaire; les voies vers la réconciliation; la prise en compte des traumatismes à travers les pratiques; les politiques, les partenariats et les innovations qui favorisent la santé mentale des personnes autochtones; la prévention du suicide; les réformes du système judiciaire et des politiques du logement; etc. 

 

Des écoles et des campus universitaires en bonne santé mentale 

L’enfance et le début de l’âge adulte constituent des étapes cruciales du développement affectif, des périodes charnières pour construire une base solide de compétences personnelles et sociales qui favoriseront la santé mentale et la résilience. À cet effet, les écoles et les établissements postsecondaires sont en première ligne pour offrir du soutien aux enfants et aux jeunes, pour les guider à travers les transitions de la vie. Ces milieux peuvent contribuer à la création de liens entre les parents, les enseignants, les professionnels de la santé et les organismes communautaires dans le but de promouvoir le bien-être des enfants et des jeunes.  

Ce volet du congrès peut être abordé sous différents angles, dont en voici quelques exemples : les programmes et les interventions en milieu scolaire; les approches basées sur l’utilisation des technologies numériques en santé mentale; le dépistage des problèmes de santé mentale et l’intervention précoce; les stratégies d’intervention auprès des jeunes marginalisés; l’orientation dans la transition de l’école secondaire aux études postsecondaires; la prévention du suicide; la résilience; le soutien par les pairs; etc. 

 

La santé mentale et les troubles liés à l’utilisation de substances psychoactives   

Pour une majorité de Canadiens qui cherchent à obtenir de l’aide en raison d’une consommation problématique de substances psychoactives (alcool, drogues, etc.), la période d’attente avant d’avoir accès aux services est souvent trop longue. Au moment où ils y accèdent,  des soins urgents et intensifs sont généralement nécessaires. Pour traiter ce type de troubles de façon précoce, ou même pour agir avant leur apparition, il faut pouvoir compter sur une coordination des services entre les secteurs public, privé et communautaire. De cette façon, les personnes touchées peuvent être soutenues dans leur communauté tout en étant en mesure de répondre à leurs besoins de base et d’avoir accès à des services de santé – incluant les services en santé mentale – qui favorisent leur bien-être.  

Ce volet s’intéresse aux approches et aux moyens permettant de prévenir et de traiter les troubles liés à l’utilisation de substances psychoactives à travers la promotion de la santé mentale et l’accès à des services de qualité. Voici quelques exemples de sujets qui pourraient être abordés : les partenariats communautaires et multisectoriels; la parité pour les services en santé mentale les services de traitement des troubles liés à l’utilisation de substances psychoactives; l’accès à des services pour traiter ces troubles; la déstigmatisation de la maladie mentale et des troubles liés à l’utilisation de substances psychoactives; les services de soutien par les pairs; la réduction des méfaits; l’engagement auprès des groupes marginalisés; l’accès à un logement abordable; etc. 

 

Le travail et la santé mentale 

Des environnements de travail sains sont essentiels pour permettre aux personnes de réaliser leur potentiel et de contribuer de façon significative à leur communauté. Tout comme ils peuvent favoriser le bien-être et entretenir une saine culture de travail, ces environnements peuvent également générer de la détresse psychologique chez les travailleurs et perpétuer la stigmatisation des personnes ayant des problèmes de santé mentale 

Ce volet permet d’explorer le besoin d’optimiser nos approches en termes de promotion de la santé mentale au travail, en nous appuyant sur les données probantes et en saisissant les opportunités qui peuvent surgir dans le monde du travail. Voici des exemples qui pourraient faire l’objet de présentations dans ce volet du congrès : les approches innovantes visant à répondre aux besoins des employés en termes de santé mentale; les campagnes de lutte contre la stigmatisation; les programmes et les avantages sociaux liés à la santé mentale au travail; les partenariats avec les organismes communautaires en santé mentale; les aménagements au travail pour les personnes atteintes de maladies mentales; le rôle des syndicats dans la promotion du bien-être; etc. 

 

La science au service de la promotion de la santé mentale et de la prévention des maladies mentales  

Les déterminants sociaux de la santé ne constituent qu’un aspect de la santé mentale. Sur le plan biologique, la génétique ainsi que la structure et le fonctionnement du cerveau constituent également des facteurs déterminants de la santé mentale et du bien-être. Sachant que les premiers symptômes de nombreuses maladies mentales apparaissent au cours l’enfance ou au début de l’âge adulte, l’identification précoce des facteurs biologiques qui influent sur la santé mentale des enfants et des jeunes prend alors tout son sens. Celle-ci pourrait entre autres accroître les probabilités que les jeunes puissent vivre la transition vers l’âge adulte de façon saine, et qu’ils en ressortent avec toutes les ressources et les compétences nécessaires pour prendre leur bien-être en charge.  

Voici quelques exemples des domaines de la recherche scientifique qui pourraient être abordés au sein de ce volet : les sciences moléculaires; les circuits neurobiologiques et les maladies mentales; la génétique; les traitements innovants; l’intervention précoce pour les maladies mentales sévères; l’interrelation entre les déterminants sociaux de la santé et le fonctionnement du cerveau; l’impact des psychotropes sur le cerveau en développement; la maladie physique en lien avec la santé mentale; etc. 

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